Eglise Saint-Nazaire de Lunel

Histoire de l’église

L’existence d’une église dédiée à saint Nazaire est attestée en ce lieu depuis le XIIIe siècle : Sanctus Nazarius de Lunello apparaît en effet pour la première fois dans les sources en 1270, lors de sa cession par l’évêque de Cahors à l’abbaye de Moissac, qui en fait au XVe siècle le chef-lieu d’un prieuré. Dédiée au martyr saint Nazaire, elle est également vouée, selon la tradition locale, à Saint Barthélémy considéré comme le patron du lieu. On peut supposer que les habitants ont, avec le temps, donné le nom de son donateur (l’évêque de Cahors Barthélémy II) à l'église.

Cette église primitive a été détruite lors des guerres de Religion au XVIe siècle. Reconstruite au XVIIe siècle, il ne reste de cette période que la partie basse de la nef et le portail principal, en pierre. En effet, elle a été agrandie dans le dernier quart du XIXe siècle : ses murs sont exhaussés, un chœur à pans est construit, l’ensemble est voûté, le clocher-mur remanié.

 

Architecture et décoration intérieure

L’église actuelle, construite pour l’essentiel en briques foraines, au plan en croix latine, possède une nef constituée de cinq travées, flanquée de deux chapelles. Le chœur à pans coupés en pierre est plus étroit et plus bas ; il pourrait avoir été construit, selon une indication de R. Latreille, ancien maire et érudit de Lafrançaise à la fin du XIXe siècle, avec des pierres récupérées d’un site antique proche, dans la zone de Lapeyrouse et Bénas. L’ensemble dispose d’une couverture en tuiles creuses. Le mur de façade est couronné par un clocher-mur triangulaire ajouré de trois baies campanaires, les trois cloches datant du troisième quart du XIXe siècle. Les baies sont en plein cintre mais la voûte, en croisée d’ogives, est de style gothique.

Les vitraux du chœur, réalisés par la célèbre fabrique toulousaine Gesta, évoquent principalement des épisodes de la vie du Christ, de même que les peintures qui en ornent les murs, et que l’on doit au peintre montalbanais René Gaillard-Lala, élève de Louis Cazottes. Il a entrepris en 1926 la décoration intérieure de l’édifice. D’autres peintures, sur l’intrados de l’arc triomphal séparant le chœur de la nef, représentent les 4 grands prophètes (Isaïe, Jérémie, Daniel et Ezechiel) et les douze apôtres entourant le Christ. On lui doit également, au-dessus de l’entrée, une peinture rendant hommage aux Poilus morts pour la France durant la Première Guerre mondiale.

 

Le mobilier religieux

Si l’essentiel du mobilier (autels, statues) est issu de productions en série du XIXe siècle (notamment des fabriques toulousaines d’objets religieux Monna, Prat ou Giscard) et reflète les dévotions majeures d’une paroisse rurale de la fin du XIXe siècle, certaines éléments sont plus anciens:

- une statue de Vierge à l’Enfant,  en bois peint polychrome et doré, datant du XVIIIe siècle ;

- le tabernacle à ailes du maître-autel, en bois doré, argenté et polychrome, date du XVIIe siècle. Il est décoré d’anges et angelots en ronde bosse ou en relief. Les statuettes qui l’ornaient autrefois ont disparu.

- deux tableaux, du début du XIXe siècle, représentent pour l’un un roi en prières (peut-être Louis XVI), pour l’autre un saint évêque.

 

Le cimetière

On trouve dans le cimetière plusieurs chapelles funéraires du XIXe siècle d’allure néo-classique ou néo-gothique, mais également des tombes à stèle pyramidale. Ces tombes, véritable singularité régionale dans l’architecture funéraire, ont été copiées tout au long du XIXe siècle d’un prototype que l’on trouve au cimetière de Farguinel, à la sortie du bourg de Lafrançaise. Il s’agit de la tombe d’un seigneur local, Antoine Jean-Baptiste de Montratier de Parazols, inhumé en 1821. Peut-être cet ancien chevalier de l’Ordre de Malte avait-il participé à la campagne napoléonienne d’Egypte et ramené de cette expédition le désir « pharaonique » de disposer à son tour d’une pyramide en guise de monument funéraire.

On trouve également au centre un christ en croix en métal, sur un socle de pierres et briques. La plaque fixée sur le socle indique qu’il a été érigé lors d’une mission en 1912. La croix de cimetière, réalisée en 1838 en fer forgé sur un socle de briques et de pierre, est décorée des instruments de la Passion (lance, couronne d’épines). On y voit aussi deux têtes et des cœurs.