Église d'Aussac

Histoire de l’église

Cette église aujourd’hui relativement isolée dans une zone d’habitat dispersé, à l’est de la commune de l’Honor de Cos, fut autrefois celle d’une paroisse notable, dont le toponyme très ancien apparaît déjà au VIIe siècle. La découverte de vestiges d’une villa gallo-romaine atteste d’une présence plus ancienne encore ; le propriétaire de cette villa est peut-être à l’origine du toponyme Aussac.

La paroisse est mentionnée dans des documents du XIVe siècle ; son bénéfice devait être important, car le recteur possédait des dîmes jusque dans la paroisse de Saint-Maurice de Port-Noguier. C’est au cours du XVe siècle siècle qu’elle est unie au chapitre collégial de Montpezat, situation qui perdurera jusqu’à la Révolution.

Les chanoines font rebâtir l’église en 1478, mais elle est ruinée durant les guerres de Religion, en 1562, par les troupes protestantes de Duras. L’édifice est restauré dans le premier quart du XVIIe siècle. Un projet de remaniement avait été confié en 1864 à l’architecte diocésain Théodore Olivier, mais ce n’est finalement qu’en 1904 que le remaniement est mené à bien par l’architecte Maurou.

L’église a été restaurée en 1988 par l’Association des Amis de l’église d’Aussac et la municipalité de L’Honor de Cos ; les enduits extérieurs ont été repris et généralisés à cette occasion, les peintures intérieures rafraîchies.

 

Architecture et décoration intérieure

L’édifice actuel, construit en brique et recouvert d’enduit conserve le plan et les parties basses de l’église du XVe siècle ; le reste est le fruit de la restauration entreprise dans le premier quart du XVIIe siècle. L’église est de plan allongé, à un vaisseau. Son abside est polygonale, avec chevet à 5 pans peu marqués à l’intérieur, paraissant presque plat. Cet effet est obtenu par la présence des étroits bas-côtés.

En 1904, l’église jusqu’alors plafonnée voit ses murs exhaussés pour recevoir une voûte gothique en briques plâtrées à quatre quartiers. Cette voûte divise la nef en cinq travées dont la première forme le chœur ; une autre, accostée de deux chapelles, forme un transept. La nef et le chœur sont bordés d’étroits bas-côtés voûtés en berceau brisé. Les voûtes reposent sur des piliers rectangulaires couronnés de chapiteaux ornés de feuillages. Le nouveau toit est en croupe, avec appentis, couvert de tuile creuse. A l’intérieur, les murs et piliers sont enduits au plâtre et peint.

La façade ouest, masquée par le presbytère, se couronne d’un clocher-mur en accolade, ajouré de trois baies, auquel conduit un escalier à vis hors œuvre en pierre, logé dans une tourelle cylindrique. Cette façade est aujourd’hui masquée par l’ancien presbytère construit vers 1818 par l’architecte Couderc ; le portail s’ouvre donc au Sud. Un hangar s’adosse au mur nord.

Les vitraux sont l’œuvre du verrier montalbanais Joseph Broué, qui a également réalisé des verrières pour plusieurs églises de Caylus. L’un d’eux évoque le martyre de Saint Saturnin, patron de l’église ; un autre la Dation des clefs à saint Pierre. On trouve également une allégorie de la France, un drapeau tricolore à son côté, agenouillée devant le Christ au Sacré Cœur et lui remettant son épée ; en arrière-plan, on peut voir une représentation de la Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre à Paris.

 

On trouve également deux dalles funéraires non datées, qui nous rappellent que les prêtres et des familles de la paroisse se faisaient enterrer sous le sol des églises, espace sacré par excellence, jusqu’au XVIIIe siècle. L’une d’elles porte l’inscription « Tombeau pour le sieur Antoine Gibelot » : Antoine Gibelot était un praticien, un juriste, mort au milieu du XVIIIe siècle, et cette dalle recouvre sans doute - outre la sienne - la tombe de sa famille, devant la chapelle du Saint Sacrement. L’autre porte l’inscription Delbrel de Boussy : Boussy est dans la paroisse d’Aussac le lieu d’origine de cette famille Delbrel comptant elle aussi plusieurs praticiens au XVIIIe siècle.

 

Le mobilier religieux

La statuaire est pour l’essentiel de style dit « sulpicien », et récente (fin du XIXe siècle ou début du XXe siècle).

L’église possède encore un plat de quête en dinanderie du XVIIe siècle à motifs floraux et de petits chandeliers en cuivre du XVIIIe siècle. A l’entrée du chœur on peut également admirer deux bannières de procession, vraisemblablement du XIXe siècle ; l’une représente un Christ au Sacré-Chœur, l’autre la Vierge accompagnée de la citation Sicut lilium inter spinas tirée de la prière O Sanctissima louant l’Immaculée Conception.