Prieuré de Grandmont Francour

Un peu d’histoire
La fondation de l’ordre de Grandmont est attribuée au moine Limousin Etienne de Muret à la fin du XIe siècle. L’ordre grandmontain est un ordre érémitique, ce qui explique le peu de traces historiques. Mais nous savons que l’abbaye est fondée dans la 1ère moitié du XIIe siècle. Cette construction s’inscrit dans le grand mouvement de réforme spirituelle qui dote la région de nombreux établissements monastiques et ce dans un contexte de défrichement des zones boisées des coteaux du Bas-Quercy.
L’ordre de Grandmont suit un mode de vie austère et sévère qui va attirer les grâces de nombreux seigneurs, notamment le roi d’Angleterre Henri II Plantagenêt et sa femme, Aliénor d’Aquitaine. Lors de la guerre de 100 ans, quand la bastide de Lafrançaise est occupée par les troupes anglaises qui détruisent de nombreux bâtiments, l’abbaye continue de prospérer. De plus, au XIVe siècle, le pape désigne l’abbé de Francour comme le chef spirituel et temporel du prieuré et de 3 autres se situant dans le Lot, l’Aveyron et le Tarn. Le prieuré est élevé au rang collégial et acquiert ainsi une puissance financière et religieuse. Au XVe siècle, une phase de restauration a entraîné le percement des fenêtres à l’étage.
En 1567, l’abbaye est dévastée par les Protestants durant les guerres de Religion. Elle est rebâtie avec des matériaux de réemplois en 1678. L’ordre de Grandmont est dissout peu avant la Révolution. Le 28 juin 1791 à Montauban, le prieuré de Francour est vendu aux enchères publiques comme bien national.
En 1853, la famille Fabre rachète le site. Aujourd’hui encore, ce sont les descendants de cette famille qui en sont propriétaires.


Architecture et décoration
L’abbaye est un des rares édifices de cet ordre à être construit entièrement en briques rouges, dites anglaises (entre 8 et 11 cm d’épaisseur) ce qui pourrait confirmer la fondation du prieuré par Richard Cœur de Lion. Les différents bâtiments sont disposés autour de l’ancien cloître. Un escalier extérieur desservait le dortoir côté droit rappelant l’obligation pour les moines de sortir pour aller prier, même en hiver.
Autour du cloître, on trouve d'ouest en est : l’église, la salle des morts, la salle capitulaire, la sacristie et les bâtiments utilitaires (chauffoir, cuisine, réfectoire…). Au 1er étage se trouvait le dortoir. Les fenêtres cintrées indiquent l’emplacement des cellules.
Seule la nef de l’église a subsisté. Elle est d’un seul vaisseau. Voutée en berceau brisé continu, elle donnait sur une abside à trois pans, démolie vers 1850.
La salle capitulaire a conservé ses six travées voûtées d’arêtes et repose sur deux piliers centraux cantonnés de colonnettes en briques dont les chapiteaux sont moulurés par des motifs de feuilles, seuls aspects décoratifs de la pièce. La salle est éclairée par trois baies en arc plein cintre du côté du cloître ce qui rappellent celle de l’église.  Le père prieur s’installait au centre pour fixer les tâches à accomplir pour chacun des frères présents. Par la suite, cette salle servait de chai et le sol était remonté.
L’étage conserve une pièce qui servait d’oratoire d’hiver et de dortoir. Remanié au XVIIème siècle, il a été partagé en plusieurs pièces. Au sud, le logis de la ferme est constitué d’une travée axiale surmontée d’un fronton triangulaire daté de 1843. Les ailes furent construites en 1890. Dans l’aile est, le rez-de-chaussée conserve une cheminée monumentale en brique. Les pieds de celle-ci datent du XIIe siècle et le tablier du XVIIe siècle. Il est probable qu’elle ait été démontée des anciennes cuisines des moines situées à l’angle Sud-Ouest du prieuré pour être installée à son emplacement actuel. En 1844, une aile d’habitation cantonnée par une tour pigeonnier vient compléter le prieuré. Un parc anglais type XIXe siècle a été  ajouté.
Des éléments remarquables du prieuré, nous pouvons apprécier le retable de l’église datant du XVIIIe siècle, sauvegardé lors de la démolition de l’abside. Il est aujourd’hui conservé à l’église Saint-Sernin de Rouzet située à quelques kilomètres. Des campagnes de classement aux monuments historiques ont eu lieu en 1989 et 1991.

L'abbaye aujourd'hui
L'abbaye aujourd'hui