Eglise de Saint-Romain

Histoire de l’église et de la paroisse

Sur un territoire occupé depuis au moins la fin de l’Antiquité, une paroisse de Saint-Romain est déjà signalée au début du Xe siècle, puisque des terres situées dans cette paroisse sont données au doyenné de Cayrac que fonde alors Géraud, comte d’Aurillac. Une autre source confirme l’ancienneté de cette église : en 955 un seigneur local, Grimard, donne des terres qu’il possède dans le territoire de Saint-Romain (in aro Sancti Romani) au monastère de Saint-Théodard. Jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, malgré une usurpation momentanée par l’abbaye de Montauriol, elle reste une possession du doyenné de Cayrac et une annexe de Saint-Victor, église importante située dans le chef-lieu d’une viguerie, mais disparue durant la Révolution. Au XIXe siècle l’église a pour annexe celle de Camareil ; le dernier curé de Saint-Romain, l’abbé Parrau, s’est retiré en 1951.

 

Architecture et éléments intérieurs

Consacrée au martyr d’Antioche, l’église actuelle est en grande partie une reconstruction du XVIIe siècle puisque, comme de nombreuses autres églises du Bas-Quercy, elle eut à souffrir des guerres de Religion dans la deuxième moitié du XVIe siècle et la première moitié du XVIIe siècle. De l’église médiévale demeure cependant un magnifique armarium (ou armoire liturgique) dans le mur du chœur, richement décoré d’un arc en accolade et de pieds-droits sculptés. Cet encadrement est caractéristique de l’art flamboyant de la fin du Moyen âge. Aujourd’hui recouverte d’un enduit, l’église ne laisse apparaître que des baies encadrées de briques foraines, mais par endroits un soubassement en pierre est encore visible.

Elle a ensuite été très remaniée au XIXe siècle. C’est aujourd’hui une salle rectangulaire, terminée par un chœur à trois pans inégaux et couverte d’un lambris. Il existe de part et d’autre de la nef une chapelle latérale. C’est sur la façade refaite en 1835 que s’ouvre le portail et que s’élève le petit clocher-mur ajouré d’une seule baie.

Le mobilier est dans son ensemble plus récent. La statuaire date des premières décennies du XXe siècle et est caractéristique des dévotions de cette période (la Sainte Famille, Saint Antoine de Padoue, Sainte Jeanne d’Arc, Saint Roch, ainsi que le patron de l’église...). Plusieurs de ces statues proviennent de la fabrique toulousaine Lancé. Les magnifiques vitraux sont en grande partie l’œuvre d’Henri Gesta, héritier de la célèbre manufacture toulousaine : on peut distinguer notamment une représentation de Jeanne d’Arc et une représentation atypique de la vie quotidienne de la Sainte Famille.

 

A côté de l’église

Face à l’église, vous pouvez admirer une des rares maisons à pans de bois conservées dans cette partie du Bas-Quercy. Cette structure témoigne à elle seule de son ancienneté, mais une clé de voûte de fenêtre indique qu’elle fut réédifiée en 1732.